Quid du secouriste du travail

Quid du secouriste du travail

secouriste du travail

 

En cas d’accident ou de malaise, intervenir immédiatement permet de sauver des vies… C’est l’un des rôles du sauveteur secouriste du travail. Zoom sur cette activité, avec Jean-Marie Garcia, spécialiste de la maîtrise des risques en entreprise.

Il s’agit, pour celui qui s’engage dans le processus de formation au secourisme, d’une démarche altruiste consistant à rendre service aux autres. Ses connaissances seront d’ailleurs utilisables dans sa vie privée et lui permettront de porter secours à ses proches.

> Le rôle du secouriste du travail

Le salarié certifié Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est l’un des maillons de la chaîne des premiers secours dans son entreprise : il doit assurer la protection de la victime et de ses collègues, prodiguer les soins d’urgence et faire alerter les secours extérieurs conformément au plan de secours en vigueur dans l’entreprise.

L’intervention du secouriste a pour objet de prévenir les complications immédiates des lésions suite à un accident et non de réparer. Ce rôle est celui d’un infirmier ou d’un médecin. Le SST doit s’en tenir aux gestes qui lui ont été enseignés au cours de sa formation.
Le Code du travail indique que les lieux de travail doivent être équipés d’un matériel de premier secours adapté à la nature des risques et facilement accessible (brancards, trousses de secours ou armoire à pharmacie).
C’est le médecin du travail qui fixe le contenu de la trousse de secours et les modalités d’utilisation des produits. Un protocole d’organisation doit être rédigé. Pour l’administration des produits listés dans le protocole, le médecin du travail assume la responsabilité de ce qui se fera conformément aux procédures qu’il aura écrites. Si le secouriste administre d’autres médicaments ou produits, il engagera sa responsabilité.
Le médecin du SAMU, sous sa responsabilité, peut communiquer au SST une prescription : la communication est enregistrée et horodatée.

Le secouriste du travail est aussi un auxiliaire de prévention. Il doit donc connaître les risques propres à son entreprise. Leur présence (10 à 15 % de l’effectif) modifie sensiblement le comportement des salariés. Leur capacité à repérer les risques permet aussi de faire remonter des éléments permettant de mettre en place des mesures de prévention ou de protection vis-à-vis de dangers qui n’avaient pas été détectés ou correctement évalués.

> Comment devenir SST ?

Pour devenir secouriste du travail, vous devez suivre une formation. Elle est ouverte à tous, sans pré-requis particulier. Elle est décrite dans des documents techniques, pédagogiques et administratifs en ligne sur le site internet de l’INRS. Elle dure 12 heures, plus le temps nécessaire pour traiter les risques spécifiques de l’entreprise ou de la profession.
Les stagiaires font l’objet d’une évaluation continue et otiennent un certificat de sauveteur secouriste du travail valable 24 mois. Avant la fin de la période de validité, le SST doit suivre une session de maintien et d’actualisation de ses compétences pour prolonger d’une nouvelle période de 24 mois. Ce recyclage dure 6 heures.

Bon à savoir : des efforts d’harmonisation ont permis de rapprocher le programme de formation des SST avec celui du secourisme de la sécurité civile (grand public).
Les titulaires du certificat de SST, à jour de formation, sont réputés détenir l’unité d’enseignement Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1).
De leur côté, les titulaires de l’unité d’enseignement PSC1 de moins de deux ans peuvent obtenir le certificat SST en validant un module de formation complémentaire d’une durée de 10 heures.

> Jusqu’où la responsabilité du secouriste est-elle engagée ?

Suite à une intervention maladroite du sauveteur-secouriste du travail, la victime souhaite intenter un recours en responsabilité civile à son encontre.

> Si la victime et le SST sont dans la même entreprise.

Ce n’est pas possible lorsque la victime de l’accident et le secouriste sont tous les deux salariés de la même entreprise. En effet, la victime d’un accident du travail sera dédommagée par la Caisse Primaire d’Assurance. Ceci interdit tout recours à l’encontre de l’employeur ou du secouriste qui aurait pratiqué les gestes incorrects ayant aggravé son état (sauf en cas de violences volontaires et si elles ont provoqué un dommage).

> Si la victime n’est pas salariée de l’entreprise (par exemple client ou visiteur).
L’article 1384 alinéa 5 du Code civil dit que « les maîtres et les commettants sont responsables des dommages causés par leurs domestiques et préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés ». Ce qui signifie que l’employeur (commettant) est responsable des dommages causés par ses salariés (préposés) dans les fonctions auxquelles ils les a employés, ici celles de secouriste.

> Quelle est la responsabilité des SST qui interviennent en dehors de l’entreprise ?

Le secouriste du travail qui intervient en dehors de son entreprise est au même niveau que les autres citoyens et a obligation de secourir une personne en danger. S’il ne le fait pas, il commet une infraction pénale. De plus, il est d’autant plus exposé à des poursuites pour non-assistance à personne en danger qu’il a la connaissance des gestes qui peuvent sauver.
Si l’action du secouriste provoque un dommage à la victime ou aggrave son état, sa responsabilité civile peut être engagée. Sa responsabilité pénale peut l’être en cas d’infraction et notamment d’atteintes aux personnes.

> Susciter des vocations

Pour recruter de nouveaux secouristes du travail dans votre entreprise, la communication est essentielle. Elle permet de mettre en valeur ceux qui ont déjà effectué la démarche et de favoriser les déclics de type « et pourquoi pas moi ? »
Les occasions de parler des secouristes ne manquent pas et doivent être utilisées aussi souvent que possible :
– Après un accident ou un malaise sur lequel un SST est intervenu,
– Après un recyclage
– Après l’intégration d’un nouveau SST
– Lors de l’accueil d’un nouveau salarié
Le journal interne et l’intranet sont aussi des moyens intéressants pour communiquer sur ce sujet.

Enfin, les rappels périodiques sur la conduite à tenir en cas d’accident prodigués par la hiérarchie sont une occasion à ne pas manquer de citer le nom des SST, ce qui peut de plus faire gagner du temps dans l’alerte du SST.

Bon à savoir : vous n’avez pas de SST ? L’article R4224-16 du code du travail dit que « En l’absence d’infirmiers, ou lorsque leur nombre ne permet pas d’assurer une présence permanente, l’employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures qui sont prises en liaison notamment avec les services de secours d’urgence extérieurs à l’entreprise sont adaptées à la nature des risques. Ces mesures sont consignées dans un document tenu à la disposition de l’inspecteur du travail. »

En savoir plus

Jean-Marie GarciaCet article a été rédigé en partenariat avec Jean-Marie Garcia, directeur général d’Adversus Alea, spécialiste de la maîtrise de risques, agréé INSSI et CERIC par le CNPP.

Pour une formation, un renseignement :
adversus_alea@orange.fr ou 06 83 22 46 67
www.adversus-alea.com

Source d’origine : http://www.kalligo.com/rh/sante-et-securite/965-quid-secouriste-travail.htm

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